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Amina : Femen en Tunisie, est-ce possible ?

Elle avait disparue depuis quelques jours. Amina, la Femen tunisienne va bien et s’apprêterait même à retrouver le chemin de l’école. La polémique née de sa photo, elle, ne fait que commencer.

Depuis quelques jours, une question est sur toutes les lèvres. Où est Amina ? Et que lui est-il arrivé ? Amina est une lycéenne tunisienne, proclamée première militante Femen du pays après avoir posté sur son profil Facebook des photos, seins nus, où elle arbore les messages : "mon corps m’appartient et il n’est l’honneur de personne" et "Fuck your morals". Reniée par sa propre famille et menacée de mort, Amina a disparue subitement du devant de la scène en fin de semaine dernière. Ce sont les Femen françaises qui ont tiré la sonnette d’alarme. Inna Shevchenko, l’une des fondatrices, a précisé : "son téléphone est éteint depuis trois jours, son compte Facebook est inactif, de même que son compte Skype. On a reçu des messages comme quoi elle est avec sa famille, qu'elle va bien, mais on ne connaît pas ces gens qui nous les ont envoyés". Le début d’une grande théorie du complot. Certains ont même dit que la jeune femme avait été internée contre son gré dans un hôpital psychiatrique.

Depuis hier, Amina a refait surface, par l’intermédiaire de son avocate : "elle n’a pas disparu, elle n’a pas été internée dans un hôpital, je lui ai parlé, Amina m'a dit qu'elle allait bien et qu'elle allait reprendre l'école bientôt". Des propos obtenus par l’AFP qui précise toutefois ne pas avoir réussi à joindre la jeune femme directement. De son côté, la journaliste Caroline Fourest a publié un communiqué sur Facebook dans lequel elle s’interroge : "nous demandons simplement à l'entendre et à la voir. Pourquoi est-ce si difficile à obtenir si tout va bien ?".

Une question qu’on est effectivement en droit de se poser. Rappelez-vous. C’était il n’y a pas longtemps. Au lendemain de la publication des clichés d’Amina sur Internet, le 1er mars dernier, des réactions extrêmement violentes s’étaient faites entendre en Tunisie. La page Facebook de Femen-Tunisie a été hackée. On pouvait alors y lire : "grâce à Dieu nous avons piraté cette page immorale et le meilleur est à venir". Les photos, elles, avaient été remplacées par des extraits du Coran. De son côté, Adel Almi, le président de l'Association centriste pour la sensibilisation et la réforme, aurait même exigé qu’Amina soit "flagellée une centaine de fois" même si d’après lui et "vu l’ampleur de son péché, elle devrait être lapidée à mort". Des propos radicaux. En réalité, d’après la législation tunisienne, Amina ne s'expose qu’à des poursuites pour "atteinte aux bonnes mœurs", un délit passible de six mois de prison. Pour le moment, aucune poursuite n’a été lancée à l’encontre de la jeune femme.

Si un mouvement de solidarité immédiat et spontané s’est créé, certains Tunisiens, s’ils sont d’accord sur le fond, ne sont pas forcément enchantés par la forme choisie. Pour eux, l’importation du mouvement Femen n’est pas une piste à suivre car la version "sextrémiste" de ces féministes fait, en réalité, le jeu des islamistes. La polémique ne fait que commencer en Tunisie.

En espérant qu’Amina soit effectivement en bonne santé et libre de ses mouvements…

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