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Cinéma : Gaston Lagaffe, Red Sparrow, La Mort de Staline...les sorties de la semaine

Que voir dans les salles cette semaine ? Jennifer Lawrence en espionne féministe, un lapin farceur, une BD culte qui prend vie, des petits meurtres entre camarades soviétiques et une mystérieuse brume. 

Le film de la semaine : La Mort de Staline, de Armando Iannucci

Le 2 mars 1953, le petit père des peuples, et accessoirement dictateur et tortionnaire, Joseph Staline meurt de manière aussi soudaine que brutale. La place de Secrétaire Général de l'URSS est donc vacante. Pendant les quelques jours qui vont suivre, son entourage va jouer au plus malin pour accéder au trône. Difficile de résumer le ton du film d'Armando Iannucci, disons que c'est un mélange parfaitement dosé d'humour noir et de tragédie historique. Adapté du roman graphique du même nom, La Mort de Staline souligne la dimension grotesque de ce régime révolutionnaire qui décidait l'assassinat de centaines de personnes tous les soirs comme d'autres étendent leur chaussettes. Drôle, rythmé au cordeau (la scène d'ouverture à l'Opéra est un trésor de montage et de suspense), porté par des acteurs sans faille (mention spéciale à Steve Buscemi méconnaissable en Khrouchtchev), le film se permet tout de même quelques approximations historiques. Cela n'enlève rien à son panache typiquement anglais. 

Gaston Lagaffe, de Pierre-François Martin-Laval

Adapter une BD culte en France, on a toujours du mal. Comment rendre la finesse de gags ultragraphiques dans un film d'une heure trente ? Cette semaine, c'est l'ex-Robin des Bois, Pef, qui s'est prêté au jeu avec Gaston Lagaffe. La reconstitution de l'univers de l'œuvre de Franquin a été respectée avec minutie et quelques trucages 3D. Mais comment broder une histoire touchante et originale quand il faut absolument placer un gag toutes les deux minutes ? Je n'ai pas la réponse à cette question et malheureusement je ne suis pas sûre que Pef l'ai trouvée non plus.

Pierre Lapin, de Will Gluck

J'aimerais vous dire que Pierre Lapin est un film punk. Vraiment. Mais je ne peux pas. Parce que cette adaptation des aventures du petit rongeur mignon créé par Béatrix Potter ressemble plutôt à un conte pour enfants, avec des péripéties visuelles qui raviront les minots (et un peu moins leurs parents) et une morale écologique mignonette. Ne vous méprenez pas, tout cela reste sans doute plaisant notamment grâce à la présence de Domhnall Gleeson et des boules de poils numériques, mais il n'y a vraiment rien de punk là dedans.

Red Sparrow, de Francis Lawrence

Dominika est une jeune ballerine dont la carrière est brisée après une chute. Elle est recrutée contre sa volonté pour devenir une espionne par les services secrets russes. Avec Red Sparrow, Francis Lawrence signe un thriller qui semble revenir aux temps anciens de la guerre froide. Le grand ennemi ici est clairement russe. Mais si on arrive à faire fi de ce manichéisme rodé, on retiendra plutôt le caractère étonnamment féministe du personnage de Jennifer Lawrence, obligé d'user de son corps comme d'une arme dans ce monde viril. 

Dans la brume, de Daniel Roby

Il paraît qu'il faut se méfier des films qui ne sont pas montrés à la presse. Dans la brume, film de genre français en fait partie. Pourtant avec sa distribution quatre étoiles (Romain Duris et Olga Kurylenko vue dans James Bond et chez Terrence Malick) et sa bande-annonce efficace, le long métrage a clairement sa place dans la production hexagonale. Le seul risque ? Son pitch, une brume mystérieuse s'abat sur la capitale, ressemble un peu trop au culte Mist de Stephen King. Allez, on leur laisse une chance de nous surprendre et on achète notre ticket ? 

Don't Worry, He Won't Get Far On Foot, de Gus Van Sant

Après s'être fait étrillé par la presse internationale à Cannes en 2015 avec Nos Souvenirs, Gus Van Sant fait son retour discrètement avec ce Don't Worry, He Won't Get Far On Foot. Ce drame intime sur un alcoolique qui a du mal a renoncer à la boisson même après un accident de voiture qui l'a cloué dans un fauteuil roulant, semble assez étonnant. Comme si malgré son casting de stars (Joachim Phénix, Jack Black, Jonah Hill, Rooney Mara), le cinéaste voulait nous assurer du caractère indépendant de son long métrage. On te fait confiance Gus !

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