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Interview :  Emily Beecham « Daphné change la vision de la représentation de la femme »

A l’occasion de la sortie de Daphné, de Peter Mackie Burns, qui suit les aventures d’une londonienne en pleine crise existentielle, nous avons posé quatre questions à l’épatante Emily Beecham. La comédienne britannique nous en dit plus sur cette héroïne, loin des stéréotypes. 

Emily Beecham. Retenez bien son. Cette actrice britannique, qui fait actuellement ses armes dans la saison 3 de la série Into the Badlands, incarne avec grâce une femme moderne dans Daphné, le premier long métrage de Peter Mackie Burns.

Weekly.fr : Pouvez-vous nous expliquer brièvement qui est Daphné et comment vous avez préparé ce personnage ?  

Emily Beecham : Daphné est une trentenaire qui vit à Londres. Elle est sous-chef, assez tranchée dans ses opinions, indépendante avec un fort tempérament. Mais en même temps, elle reste vulnérable et ne sait pas toujours ce qu’elle veut. A l’origine, Daphné a été écrite pour un court métrage réalisé par Peter Mackie Burns, Happy Birthday To Me. C’était le même personnage, elle était peut-être juste plus hédoniste que la Daphné du long métrage. Nous avions donc déjà parlé assez longuement avec Peter de qui elle était. J’avais conscience que c’était une femme un peu déconnectée de ce qui l’entoure, des autres. Elle se laisse porter par le courant comme une méduse dans l’océan. Mais quand elle est le témoin d’une agression, cela amplifie soudainement toutes ses émotions. Commence alors pour elle une crise existentielle, qu’elle n’assume pas du tout. Elle est notamment obligée de remettre en question certains de ses choix de vie.

Weekly.fr : Selon vous en quoi Daphné est une héroïne moderne ?

EB :Daphné est une représentation honnête de beaucoup de femmes d’aujourd'hui. Ces dernières ont parfois du mal à se retrouver dans la manière dont la société et les films les catégorisent. Daphné est pour moi un film sans genre particulier, il s’adresse aussi bien aux femmes qu’aux hommes. Nous n’avons jamais envisagé ce personnage que d’un point de vu féminin. La manière dont elle aborde la vie, ses prises de position et même son look, elle n’est jamais définie de manière spécifique comme une femme. Elle aurait pu être un homme et c’était vraiment une volonté de notre part. Nous ne voulions pas qu’elle soit trop sexy, trop glamourisé, nous voulions absolument échapper à ce type de stéréotypes.

Weekly.fr : Comment avez-vous travaillé avec Peter Makie Burns ?  

EB: Peter Makie Burns et moi nous nous connaissions depuis un moment puisqu'on avait déjà travaillé ensemble sur le court métrage. Dès que Daphné a eu le vert du côté du financement, on a fait beaucoup de rendez-vous et on a commencé à parler d’elle de manière très précise. Nous avons défini son caractère, ses opinions dans différents domaines, son rapport aux autres, mais aussi quel type de livre elle lisait, quelle musique elle écoutait, etc… Daphné est donc devenu pour nous une vraie personne et quand le tournage a commencé je n’avais aucun doute sur la manière de l’interpréter. Je savais comment elle devait réagir en fonction de telle ou telle situation. Même le fait qu’on est choisi qu’elle soit sous-chef n’est pas anodin, cela dit déjà des choses sur elle.

Weekly.fr : Qu’est-ce que vous pensez de la représentation des femmes dans les films ?

Aujourd'hui beaucoup de productions veulent avant tout faire de l'argent. Dans ce genre de films, les personnages féminins seront le plus souvent sexy, belles car c'est la conception la plus répandue et la plus conventionnelle. Mais ces derniers temps, on voit bien grâce à des productions comme Fleabag ou même Daphné que l'on peut écrire des personnages féminins plus réalistes, plus honnêtes et donc plus intéressants pour les spectateurs qu'ils soient des femmes ou des hommes d'ailleurs. La beauté telle qu'elle est admise par quelque uns ne correspond pas au monde réel, chacun a une vision différente de ce qui est beau. Je pense qu'il est important de représenter les femmes de différentes manières. Daphné représente beaucoup de femmes que je connais, elle peut être une sœur, une amie et même un peu vous-même. Le simple fait que Daphné propose un personnage central féminin est une chose qui fait progresser l'industrie, car une trop grande majorité d'histoires mettent encore en avant les hommes. Les réactions que suicitent Daphné chez les gens, hommes ou femmes, sont totalement gratifiantes. Je suis fière de ce personnage. 

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