France

L'essentiel de l'actualité en France du 15 au 21 avril 2017

Un policier tué dans une fusillade sur les Champs-Elysées revendiquée par Daech, un attentat imminent déjoué avant la présidentielle, le premier tour de l'élection ce week-end, un accord bientôt trouvé en Guyane... voici ce qu'il ne fallait pas manquer cette semaine.

1. Fusillade meurtrière sur les Champs-Elysées. Un policier a été tué et deux autres blessés jeudi soir à 21h après qu'un homme ait ouvert le feu sur un car de police situé sur la célèbre avenue parisienne. L'auteur a été abattu. Une passante a aussi été légèrement blessée. Peu de temps après les faits, Daesh a revendiqué l'attaque. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête.

François Hollande est intervenu depuis l'Elysée. "Un hommage national sera rendu à ce policier qui a été lâchement assassiné", a affirmé le président de la République, assurant également que les services de sécurité seraient "d'une vigilance absolue" pour sécuriser l'élection présidentielle.

2. Un attentat "imminent" déjoué en pleine campagne présidentielle. Deux hommes radicalisés de 23 et 29 ans ont été arrêtés mardi à Marseille, suspectés de préparer une attaque dans les prochains jours contre un candidat, sans que le projet soit identifié précisément. Clément Baur et Mahiedine Merabet, de nationalité française, se sont connus en prison, dans le Nord, où ils avaient été incarcérés pour des faits de droit commun. Selon le ministère de l'Intérieur, la perquisition de l'appartement qu'ils occupaient dans la citée phocéenne a permis de retrouver des explosifs, des armes à feu, un drapeau de Daech... Les deux hommes fichés S étaient sous surveillance depuis début avril, après que des informations soient remontées sur la préparation d'un acte violent.

Leurs photos avaient été distribuées dès jeudi dernier aux services de sécurité des candidats à la présidentielle, dont Emmanuel Macron, Marine Le Pen et François Fillon.

Une enquête pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et infraction à la législation sur les armes en relation avec un entreprise terroriste a été ouverte. François Hollande a salué une "prise remarquable".

3. Protection maximum pour le premier tour des élections. Dans un tel contexte, le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl a assuré que le scrutin présidentiel se ferait sous haute sécurité, avec la mobilisation de 50 000 policiers et gendarmes.

Problème beaucoup moins délicat à gérer : celui des doublons de carte d'électeurs. 500 000 personnes pourraient avoir été inscrits deux fois sur les listes, par erreur.

4. Dernière ligne droite pour les candidats. Samedi dans certains territoires d'Outre-mer, dimanche dans le reste de la France, le premier tour de la présidentielle se profile. La campagne officielle s'est terminée hier dans les circonscriptions qui votent ce samedi. Pour les autres, elle s'achève ce vendredi soir.

Ces derniers jours, les 11 prétendants à l'Elysée ont tout tenté pour convaincre les indécis, entre visites sur le terrain et meetings.

François Fillon, de "François Baroin à Sens commun". Le candidat LR a affirmé dimanche sur Radio J qu'il pourrait, en cas d'élection, faire rentrer des représentants du groupe politique sorti de la Manif pour tous dans son gouvernement. Mardi, Nicolas Sarkozy a publié une vidéo appelant à voter pour son ancien Premier ministre "sans état d'âme". Mercredi, autre soutien de poids : celui d'Alain Juppé, qui s'est affiché avec François Fillon pour une visite dans les locaux de l'entreprise Deezer.

Emmanuel Macron a fait un grand meeting à Bercy lundi, en présence de plusieurs personnalités. Cette semaine, plusieurs membres du gouvernement ont annoncé soutenir le candidat d'En Marche : Jean-Michel Baylet, ministre de l'Aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales, pourtant PRG. Le Parti Radical de Gauche a choisi de soutenir Hamon. Juliette Méadel, secrétaire d'Etat chargée de l'aide aux victimes a aussi appelé au vote utile, estimant que "la situation est trop grave" pour voter pour Benoît Hamon, tout comme Annick Girardin. Aujourd'hui, c'est le chiraquien Dominique de Villepin qui a estimé qu'Emmanuel Macron était le seul à pouvoir rassembler.

Mardi, Jean-Luc Mélenchon, toujours aussi haut dans les derniers sondages, a de nouveau donné un meeting à Dijon mais aussi dans plusieurs villes, grâce à son hologramme. Et le candidat a reçu des soutiens "internationaux" : une centaine d'économistes de 17 pays ont signé une tribune jeudi dans Libération pour affirmer que ses propositions étaient les seules à pouvoir répondre à l'urgence actuelle. Jean-Luc Mélenchon a aussi obtenu les soutiens de plusieurs stars américaines dont Pamela Anderson, Danny Glover ou Mark Ruffalo.

Benoît Hamon a organisé mercredi un grand rassemblement place de la République, auquel ont participé environ 20 000 personnes. Le candidat de la gauche a notamment critiqué la notion de vote utile.

De leurs côtés, Philippe Poutou était à Aubervilliers, Nathalie Arthaud à Lille, Jacques Cheminade à Paris, Nicolas Dupont-Aignan également dans la capitale, François Asselineau à Nantes et Jean Lassalle en Corse...avant de tous participer à la dernière grande émission avant le premier tour, jeudi soir, sur France 2.

5. Meeting bousculé pour Marine Le Pen et manifestations anti FN. Le meeting de la candidate au Zénith de Paris a été perturbé à deux reprises par des Femen, lundi soir. Un peu plus tôt, des heurts avaient éclaté à l'extérieur, entre manifestants anti Front National et forces de l'ordre. Le député Gilbert Collard a été visé par des projectiles à son arrivée sur les lieux.

Mercredi, c'est à Marseille que des manifestations ont éclaté, en marge d'un des derniers meetings de Marine Le Pen. Quatre personnes ont été interpellées.

6. Immunité bientôt levée pour Marine Le Pen ? Le Parlement européen a reçu la demande de la justice française de lever l'immunité de la candidate, députée européenne, dans le cadre de soupçons d'emplois fictifs d'assistants parlementaires. Mais le débat n'aura pas lieu avant le second tour de la présidentielle. C'est "totalement impossible" selon le porte-parole du Parlement européen. Cette demande, ainsi que celle concernant l'autre élue Marie-Christine Boutonnet, devrait tout de même être annoncée en séance plénière, probablement la semaine prochaine.

7. Thomas Thévenoud devant la justice. L'ex secrétaire d'Etat en charge du commerce extérieur a comparu devant le tribunal correctionnel de Paris mercredi avec son épouse, pour leurs problèmes avec l'administration fiscale. Le couple n'avait pas déclaré ses revenus en 2012 et de l'avoir également fait en retard à plusieurs reprises, malgré des relances. L'avocat des Thévenoud a rappelé que la situation avait été régularisée. Thomas Thévenoud avait justifié ses déboires par une "phobie administrative". A l'issue de l'audience, une peine d'un an de prison avec sursis et de cinq ans d'inéligibilité a été requise à l'encontre de l'ancien secrétaire d'Etat, six mois avec sursis pour son épouse. Le jugement sera rendu le 29 mai prochain.

8. Justice : Jean-Jacques Urvoas laisse une feuille de route. Le gouvernement actuel vivant ses dernières semaines, certains préparent déjà leur succession. Le garde des Sceaux a ainsi publié mardi une "lettre" destiné à celui ou celle qui prendra son fauteuil. Il y évoque "dix chantiers pour réparer le présent et préparer l'avenir", notamment celui d'une réflexion sur la peine de prison systématique ou bien la réforme du statut du chef de l'Etat.

9. La filière terroriste Cannes-Torcy devant la justice. C'est un procès hors norme qui s'est ouvert jeudi devant la cour d'assises spéciale de Paris. Celui de vingt individus, dont certains recherchés, jugés pour "associations de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Ils sont soupçonnés d'appartenir à la filière djihadiste, établie entre le sud de l'Hexagone et la région parisienne, qui avait prévu des attentats en France, dont celui manqué contre une épicerie casher de Sarcelles en septembre 2012. Le procès doit se terminer le 7 juillet.

10. Des escrocs aux attentats condamnés. Un couple de Cannes qui s'était fait passer pour des victimes de l'attentat de Nice ont été condamnés à 4 et 5 ans de prison, assortis d'une interdiction de séjour de cinq ans dans les Alpes-Maritimes, mercredi par le tribunal correctionnel de Grasse. Ils n'en étaient pas à leur coup d'essai : en décembre dernier, ils avaient déjà été condamnés à 3 et 6 ans de prison pour avoir prétendu avoir été près du Stade de France le 13 novembre 2015.

11. Trois Français tués dans un crash d'avion au Portugal. Jean-Pierre Franceschi, célèbre chirurgien marseillais, est mort dans l'accident d'un petit avion de tourisme survenu lundi près de Lisbonne. Son épouse fait aussi partie des victimes, ainsi que le pilote, également français. Le troisième passager, de nationalité suisse, a également été tué, ainsi qu'un espagnol se trouvant dans l'entrepôt percuté par l'appareil.

12. Procès pour pédophilie d'un soldat français. Le procès du militaire de 40 ans, membre des forces spéciales, s'est ouvert mardi devant le tribunal correctionnel de Paris. Il est accusé d'agressions sexuelles sur deux fillettes, alors qu'il était en mission au Burkina Faso en 2015, et d'enregistrement d'images à caractère pédopornographique, car il avait filmé ses attouchements. Le parquet a requis deux ans de prison dont six mois ferme à l'encontre du soldat. Le jugement sera rendu le 12 juin prochain.

13. Un Français disparu au Bangladesh. Arthur Angé, 30 ans, n'a plus donné de nouvelles à sa famille depuis fin janvier. Parti il y a trois ans pour faire le tour du monde en sac à dos, il aurait été vu pour la dernière fois vers la frontière birmane, où il devait passer pour rejoindre une amie en Malaisie. Le ministère des Affaires étrangères a été saisi du dossier et sa famille a lancé un appel à témoins.

14. Incidents lors du match Bastia-Lyon. La rencontre entre les deux clubs pour la 33ème journée de Ligue 1 a mal tourné dimanche à Bastia. Pendant l'échauffement, les joueurs de l'OL ont été pris à partie par un cinquantaine de supporters bastiais sur la pelouse. Le match, dont le coup d'envoi a malgré tout été donné, a fini par être arrêté au bout de 45 minutes de jeu, après que de nouveaux échauffourées aient éclaté. Une enquête a été ouverte et des plaintes déposées par des joueurs lyonnais. Le club de Bastia a décidé la fermeture de la tribune d'où étaient partis les supporters.

15. Bientôt la fin de la crise en Guyane ? Un accord est sur le point d'être signé, pour mettre un terme à un mois de paralysie dans le département. Après une trêve pendant les fêtes de Pâques, le collectif "Pou la Gwiyann dékolé" avait décidé mardi de refermer les barrages à Cayenne, à Kourou, pour faire pression sur le gouvernement et obtenir la validation d'un protocole. Le dialogue avait alors repris, ce qui a soulagé une partie de la population qui avait manifesté pour demander la fin du mouvement. Pour dénoncer la situation, certains appels au vote blanc lors du premier tour de la présidentielle ont été lancés.

16. Les Whirlpool à Paris. La fermeture de l'usine d'Amiens prévue en juin 2018, une délégation de salariés est venue mardi au siège du groupe d'électroménager à La Défense. Les 150 manifestants voulaient interpeller les candidats à la présidentielle. Seule Nathalie Arthaud est venue directement à leur rencontre.

17. Mobilisation des patrons d'auto-écoles. Les professionnels se sont rassemblés mardi à Paris et dans plusieurs villes de province pour dénoncer une "uberisation" de leur métier, notamment à cause de la dématérialisation de l'inscription au permis de conduire.

18. Des tirailleurs sénégalais naturalisés. François Hollande a délivré samedi dernier lors d'une cérémonie officielle la nationalité françaises à 28 tirailleurs sénégalais, qui ont combattu dans les rangs de l'armée lors de la Seconde guerre mondiale, en Algérie ou en Indochine. Ils seraient environ un millier à vivre dans l'Hexagone, bien souvent dans des situations précaires. Il a "fallu mener un long combat pour que France consente enfin à réparer cette injustice".


Sinon dans l'actualité, on retiendra aussi...

La fin des frais d'itinérance dans l'Union Européenne à compter du 15 juin prochain.

Une enquête a été ouverte après la destruction dans la nuit de dimanche à lundi d'une agence bancaire Société Générale de Corte, par l'explosion d'un extincteur déposé à proximité.

Les internes en médecine, en grève, ont manifesté mardi à Paris, pour protester contre la réforme des études médicales qui doit être appliquée dès novembre 2017.

François Hollande a commémoré dimanche le centenaire de la bataille du Chemin des Dames, épisode tragique de la Première guerre mondiale.

Plus de 650 hectares de pins ont été détruits jeudi dans des incendies de forêts en Gironde, les premiers d'ampleur. Un pompier a été blessé.

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