International

L’essentiel de l’actualité internationale du 29 avril au 5 mai 2017

C’est le rattrapage de l’actualité internationale. Le prince Philip qui prend sa retraite. Les difficiles négociations autour du Brexit. La fin des contrôles aux frontières de l’UE. Le retour de Matteo Renzi. Les nouvelles purges en Turquie. L’abrogation de l’Obamacare. Le Hamas qui accepte un Etat palestinien limité aux frontières de 1967. La grève générale au Brésil. Le point en Irak et en Syrie. Ou encore l’établissement de relations diplomatiques entre le Vatican et la Birmanie… Voilà ce qu’il fallait retenir cette semaine.

1/ Le prince Philip tire sa révérence. La nouvelle est tombée hier. A bientôt 96 ans, l’époux de la reine Elizabeth II va prendre sa retraite. Dès cet automne, le duc d’Edimbourg n’assistera plus aux événements publics, inaugurations, galas et autres visites où il représente la famille royale. Le palais de Buckingham a fait savoir que le prince Philip avait "le soutien entier" de la reine et que cette dernière continuerait d’exercer ses fonctions officielles "avec le soutien des membres de la famille royale". Cette annonce a fait taire les mauvaises rumeurs de la nuit. Le Sun a même publié un article titré : "Le prince Philip meurt à 95 ans. Comment le duc d’Edimbourg est mort". Avant de le retirer. D’après Peter Hunt, le correspondant royal de la BBC, le prince Philip a prononcé pas moins de 5.493 discours au cours de sa carrière de prince consort et effectué 637 visites à l’étranger.

2/ Scandale dans l'armée allemande. Depuis la semaine dernière, la Bundeswehr traverse une crise majeure après l'arrestation d'un soldat, présenté comme proche de l'ultra droite, et soupçonné de préparer un attentat contre des étrangers. La ministre de la Défense Ursula von der Leyen a annulé un déplacement aux Etats-Unis pour se rendre sur la base d'Illkirch, près de Strasbourg, où était stationné l'officier désormais sous les verrous. La ministre de la Défense a convoqué à Berlin une centaine de hauts gradés pour les appeler à ne tolérer aucune dérive dans l'armée. Il faut dire que la Bundeswehr avait déjà été secouée ces derniers mois par plusieurs cas de harcèlements de soldats dans des casernes et de bizutage très violents. De plus, et en parallèle de ces affaires, des reliques militaires de la Wehrmacht ont été retrouvés dans des locaux utilisés par des militaires allemands sur une base franco-allemande près de Strasbourg. Par ailleurs, la ministre de la Défense a limoger le responsable de la formation au sein de la Bundeswehr, le général Walter Spindler.

3/ Les divergences de Poutine et Merkel à Sotchi. Le président russe a reçu la chancelière allemande dans sa résidence au bord de la mer Noire. L’occasion pour les deux dirigeants d’afficher une fois de plus leurs désaccords, en particulier sur l’Ukraine. Angela Merkel en a profité pour appeler Vladimir Poutine à user de son influence sur le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov, afin de mettre fin aux violences dont sont victimes les homosexuels dans cette région.

4/ Les difficiles négociations du Brexit. Le week-end dernier, un journal allemand a publié les propos du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Ce dernier aurait déclaré que la Première ministre britannique vivait dans "une autre galaxie". De son côté, Angela Merkel a averti Theresa May de ne pas se faire d’"illusions" sur les implications du divorce. Enfin, selon Michel Barnier, qui a été désigné pour négocier au nom de l’UE, les comptes devront être soldés entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, même s’il a assuré qu’il ne s’agissait pas "d’une punition, ni d’une taxe de sortie". De son côté, Theresa May a accusé des responsables européens de vouloir s’immiscer dans les élections législatives britanniques qui doivent avoir lieu en juin en faisant filtrer le contenu de leurs discussions sur le Brexit, assurant que "certains à Bruxelles ne veulent pas le succès des négociations, ne veulent pas que le Royaume-Uni réussisse".

5/ L'UE mettra fin aux contrôles aux frontières en novembre. La Commission européenne va mettre un terme aux dérogations exceptionnelles accordées depuis 2015 aux pays européens confrontés à un fort afflux migratoire, afin de "revenir progressivement au fonctionnement normal". L’Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Suède et la Norvège vont donc devoir mettre fin aux contrôles systématiques à certaines de leurs frontières. Cette "recommandation" de la Commission doit encore être formellement adopter par les Etats membres. En contrepartie, la Commission suggère de renforcer le recours à des "contrôles de police proportionnés sur le territoire des États membres" et plus particulièrement le long des frontières.

Et sinon, on retiendra aussi…
Au Royaume-Uni, la police britannique a procédé à trois nouvelles arrestations dans le cadre du démantèlement d'une cellule terroriste active dans le nord-ouest de Londres.

Dix ans après la disparition de la petite Maddie, une fillette anglaise d'à peine quatre ans, dans la petite station balnéaire de Praia da Luz dans le sud du Portugal, le mystère reste entier. Une piste "significative" est d’ailleurs toujours à l’étude.

En Italie, Matteo Renzi a remporté haut la main la primaire du Parti démocrate (PD) avec plus de 70 % des suffrages et récupéré ainsi son poste de chef de file du centre gauche, qu’il avait abandonné après l’échec du référendum constitutionnel du 4 décembre dernier.

En République Tchèque, le Premier ministre Bohuslav Sobotka a annoncé sa démission et celle de l'ensemble de son gouvernement, en raison du conflit qui l'oppose à son ministre des Finances, le milliardaire Andrej Babis, soupçonné de fraudes fiscales.

La Grèce et ses créanciers européens ont signé un nouvel accord en débloquant une tranche de l'aide financière. Mais Athènes devra continuer à se serrer la ceinture.

En Bulgarie, deux des trois leaders de la coalition nationaliste d'extrême droite Patriotes Unis ont fait leur entrée dans le gouvernement du Premier ministre conservateur Boïko Borissov.

6/ Nouvelles purges et censure en Turquie. Après le référendum du 16 avril, le Premier ministre Binali Yildirim avait prévenu… Près de 4.000 fonctionnaires, accusés de soutenir l’imam Fethullah Gülen, cerveau présumé du putsch raté en juillet dernier, ont été licenciés. Au total, ce sont plus de 120.000 employés de la fonction publique qui ont perdu leur poste depuis neuf mois. En parallèle, le week-end dernier, le site Internet Wikipédia a été bloqué par le gouvernement turc. Enfin, le gouvernement a également décidé d’interdire les émissions télévisées de rencontres en vertu de l’état d’urgence.

7/ Erdogan réintègre l’AKP. En Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a renoué avec le parti islamo-conservateur qu’il avait co-fondé avant son élection, trois ans après l’avoir quitté. Jusqu’à présent, un président turc ne pouvait être membre d’un parti politique. Mais Recep Tayyip Erdogan a changé la donne. Dans un premier temps, il ne sera qu’un simple membre du parti. A moins que… Hasard du calendrier, le Parti de la justice et du développement a convoqué un congrès extraordinaire le 21 mai prochain. Recep Tayyip Erdogan devrait être réélu à la tête de l’AKP à cette occasion.

8/ Nouvelle vague d’arrestations en Russie. Le week-end dernier, des centaines de Russes ont manifesté contre un nouveau mandat du président Vladimir Poutine, bravant l’interdiction des autorités. A Saint-Pétersbourg, la police a arrêté une centaine d’opposants. Pour le moment, le président russe n’a pas confirmé sa participation à l’élection présidentielle prévue en mars 2018.
Par ailleurs, le 1er mai, des militants russes ont manifesté en soutien aux homosexuels de Tchétchénie. Dix-huit manifestants ont été arrêtés.

9/ La difficile semaine d’Alexeï Navalny entre agression et condamnation. Cette semaine, la justice a confirmé la condamnation de l'opposant numéro un au Kremlin à cinq ans avec sursis pour détournement de fonds. En parallèle, Alexeï Navalny est revenu sur l’agression dont il a été victime la semaine dernière. Si dans un premier temps, il pensait avoir été aspergé de Zelenka, une solution antiseptique de couleur verte, il se pourrait que le produit ait été mélangé avec une autre substance plus dangereuse. Alexeï Navalny assure qu’il a perdu 80 % de vision de son œil droit.

10/ L’Obamacare abrogé ? Le vote a été très serré : 217 voix contre 213. Les 193 démocrates et 20 républicains ont voté non. Après son échec du 24 mars dernier, Donald Trump a donc pris sa revanche avec l'adoption par la Chambre des représentants d'un texte d'abrogation de la loi emblématique de Barack Obama sur la santé. Le texte doit maintenant être examiné au Sénat.

11/ Donald Trump reçoit Mahmoud Abbas à la Maison Blanche. Le président américain et son homologue palestinien se sont rencontrés, ce mercredi. Donald Trump a affiché son optimisme sur la possibilité d'aboutir à un accord de paix au Proche-Orient : "Nous voulons créer la paix entre Israël et les Palestiniens", a-t-il lancé, et "nous y arriverons", estimant que le conflit était "peut-être moins difficile que ce que les gens pensent depuis des années". De son côté, Mahmoud Abbas a évoqué l'espoir d'un "traité de paix historique" sous sa présidence.

12/ Le Hamas accepte un Etat palestinien limité aux frontières de 1967. Pour la première fois de son histoire, le mouvement de résistance islamique palestinien a présenté lundi soir un document politique qui complète, sans pour autant la remplacer, sa charte publiée en 1988. Dans ce texte, le Hamas affirme que "l'établissement d'un État palestinien entièrement souverain et indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem pour capitale (…), est une formule de consensus national".

13/ Les 100 premiers jours de Donald Trump. Quel est le bilan du président américain ? A-t-il fait mieux que ses prédécesseurs ? Le week-end dernier, Donald Trump a célébré l’évènement entouré de ses partisans. Il a vanté son bilan provisoire "très productif", assurant qu’il "remporterait chacune des grandes batailles à venir". Un peu plus tôt, il avait déclaré dans un message vidéo diffusé par la Maison-Blanche : "les 100 premiers jours de mon administration ont tout simplement été les plus couronnés de succès de toute l’histoire des États-Unis". Pourtant, le 45e président des États-Unis peine à concrétiser ses promesses de campagne, sur l’immigration, sur la suppression de l’Obamacare, sur la construction du mur frontalier avec le Mexique… De plus, d’après les sondages, Donald Trump est le président américain le moins populaire de l’histoire moderne.

14/ Trump veut changer les règles du jeu au Congrès. Agacé de ne pas obtenir le financement de son mur frontalier avec le Mexique, le président américain a eu une nouvelle idée : "soit nous élisons plus de sénateurs républicains en 2018, soit nous changeons les règles immédiatement", a-t-il tweeté, déplorant que son parti ne dispose pas des 60 voix nécessaires au Sénat pour décider seul, sans avoir à négocier avec les démocrates.

15/ L’Arkansas procède à quatre exécutions. La bataille devant les tribunaux s’est finalement soldée par la suspension de quatre des huit exécutions prévues. Quatre condamnés ont donc été tués en huit jours. L’Arkansas n’avait exécuté personne depuis 2005. Le gouverneur républicain de l’Etat, Asa Hutchinson, avait justifié cette précipitation par la péremption à la fin du mois d’une substance très controversée utilisée dans les injections létales. Sa décision avait été la cible de multiples recours judiciaires et d’une mobilisation internationale des opposants à la peine de mort.

Et sinon, on retiendra aussi…
Près de Boston, au moins trois personnes sont mortes lors d’une vente aux enchères automobile. Une voiture a foncé sur une foule. D’après la police, il s’agirait d’un accident.

L'administration Trump vient d'annuler le programme nutrition lancé par Michelle Obama et visant à instaurer de nouvelles habitudes alimentaires dans les cantines scolaires.

En pleine escalade nucléaire, Donald Trump s’est dit prêt à rencontrer le leader de la Corée du Nord, Kim Jong-Un et même qu'il en serait "honoré", mais "si les conditions sont réunies".

16/ Grève générale et manifestations contre l'austérité au Brésil. En fin de semaine dernière, plusieurs milliers de manifestants ont répondu à l’appel à la grève générale contre les mesures d’austérité du président conservateur Michel Temer. Les manifestants ont bloqué d’importantes artères de circulation à Sao Paulo en brûlant des pneus au milieu de la voie. La police a utilisé du gaz lacrymogène pour les disperser. Les transports ont également été fortement perturbés. Des scènes similaires ont eu lieu à Rio. La plupart des écoles ont fermé leurs portes dans tout le pays, ainsi que les bureaux de poste et un grand nombre de banques.

17/ L'EI attaque de nouveau un camp de réfugiés en Syrie. À proximité de la frontière avec l'Irak, cinq kamikazes de l'Etat islamique se sont fait exploser près d'un camp de réfugiés, faisant une quarantaine de morts. Des combats d'en sont suivis avec les Forces démocratiques syriennes (FDS).

18/ Un accord Russie-Turquie-Iran sur la création de zones sécurisées en Syrie. Hier, à Astana, la Russie et l'Iran, alliés du régime de Bachar al-Assad, et la Turquie, soutien des rebelles, ont adopté le dernier plan russe sur la Syrie visant à créer des zones sécurisées, ou zones dites "de désescalade", pour instaurer un cessez-le-feu durable dans plusieurs régions. En revanche, l'accord n’a pas été signé par les représentants du régime de Damas, ni par les rebelles.

19/ L’ouverture d’un nouveau front au nord-ouest de Mossoul. En Irak, hier, l’armée a commencé à pénétrer dans l'ouest de la ville depuis le nord. L'opération vise à achever le siège de la vieille ville, où les jihadistes sont retranchés, ainsi que de nombreux civils (400.000 habitants, selon l'ONU). Appuyées par la coalition internationale conduite par les Etats-Unis, les forces irakiennes mènent depuis le 17 octobre une vaste offensive pour reprendre la deuxième ville du pays.

20/ L’établissement de relations diplomatiques entre le Vatican et la Birmanie. La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a été reçue par le pape François. Dans un communiqué publié hier, le Vatican a annoncé : "Le Saint-Siège et la Birmanie, désireux de promouvoir des liens d’amitié mutuelle, ont décidé d’un commun accord d’établir des relations diplomatiques". La Birmanie devient ainsi le 183e État à entretenir des relations avec le Vatican. Une nonciature devrait ouvrir à Rangoon, ainsi qu’une ambassade birmane près le Saint-Siège à Rome.

Et sinon, on retiendra aussi…
En Tunisie, le chef du gouvernement a limogé les ministres contestés de l'Education et des Finances.

En Tanzanie, le président John Magufuli a licencié près de 10.000 fonctionnaires après avoir reçu le rapport final de l'enquête gouvernementale lancée en octobre 2015 révélant que leurs diplômes et leurs qualifications étaient des faux.

En Iran, une explosion accidentelle a fait 22 morts dans une mine de charbon du nord du pays. L'espoir de retrouver vivants la dizaine de mineurs encore pris au piège diminue d'heure en heure.

En Afghanistan, un attentat revendiqué par le groupe État islamique a frappé un convoi blindé de l’Otan dans le centre de Kaboul, faisant au moins huit morts et 28 blessés.

En Colombie, les corps de personnes massacrées en 2002 par la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) à Bojaya vont commencer à être exhumés afin d'être restitués aux familles.

En Algérie, les élections législatives devraient, sans surprise, voir la victoire du parti historique du FLN, dont Abdelaziz Bouteflika est le président d'honneur.

Au Mali, neuf soldats ont été tués dans une embuscade tendue par des terroristes, dans la région de Ségou.

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