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Walhalla

Carambar se barre

La célèbre marque de bonbon Carambar remplacerait bientôt ses blagues par des questions ludiques et éducatives. Si beaucoup restent sceptiques après cette annonce, Weekly vous fait redécouvrir l'histoire de cette friandise et de ses plaisanteries pas toujours drôles.

La triste nouvelle est tombée ce jeudi. Le 15 avril prochain, Carambar supprimerait ses fameuses blagues qui se cachaient dans l'emballage de la barre caramel.

Fini les "quel est le fruit le plus féminin ? L'ananas !" ou "Que font deux brosses à dent le 14 juillet ? Un feu dentifrice !". A la place, la société Kraft qui les produit aujourd'hui souhaiterait évoluer et proposer aux consommateurs des exercices ludo-éducatifs. "Carambar c'est du sérieux !" présente la publicité lancée par la marque, avec un instituteur-bonbon qui demande la bonne orthographe du mot "échalote".

Alors c'est donc ça ? Des questions et plus aucune blague que chacun se plaisait à trouver ridicule ? Cela mettrait fin à un culte de plus de quarante ans.

L'histoire du Carambar remonte ainsi aux années 50. Dans une usine de Marcq-en-Baroeul, près de Lille. C'est là que se trouvent les ateliers de la chocolaterie Delespaul-Havez fondée par un couple de confiseur un siècle plus tôt à Lille, Henri-Victor Delespaul et Emilie Havez. Sans héritiers, ils cèdent leur commerce en 1893 à deux entrepreneurs, Hector Franchomme et André Fauchille qui donneront son véritable essor à l'entreprise et la transfèreront dans la banlieue lilloise. Des biscuits et pains d'épices viennent s'ajouter à la production de dragées et de chocolats. Mais le succès arrive en 1954, par hasard selon la légende véhiculée et surtout l'idée du chef de fabrication de l'époque, Augustin Gallois : de l'excédent de cacao utilisé dans l'usine est mélangé à du caramel et un mauvais réglage de la machine aurait fait sortir des longues barres caramélisées. Du Caramel en barre ! Le nom a donc été tout trouvé: Caram'Bar qui se transformera définitivement en Carambar en 1984.

Mais au début, il n'y avait pas de blague dans l'emballage jaune et rouge. Les gourmands pouvaient cumuler des points "DH", comme le nom Delespaul-Havez, pour obtenir des cadeaux comme des photos de stars, des ballons de football ou des rollers. Une belle stratégie marketing !

C'est quinze ans plus tard, en 1969, que la fabrication prend un tour plus humoristique, décidant d'imprimer des blagues sur le papier qui entoure la friandise. Tout le monde pouvait alors envoyer ses propositions et celles qui étaient retenues permettaient à son auteur de gagner son poids en Carambar ! Beaucoup moins sympathique, c'est désormais une agence de communication qui s'en occupe, avec des auteurs chargés d'écrire des centaines de blagues selon des critères précis: pas trop dures à comprendre, pas polémiques, et surtout faire rire en quelques lignes !

Si au fil des ans, de nouveaux goûts sont apparus comme le nougat ou le coca, si la taille de la barre a évolué ou que le prix est passé de 5 centimes de franc à un peu plus de 10 centimes d'euro, les blagues restaient là. Jusqu'à cette décision qui a surpris tout le monde. Mais à une semaine du 1er avril, la marque ne nous préparerait-elle pas un beau poisson ? Ou, à nouveau, une belle campagne de communication pour un nouveau produit qui viendrait agrandir la gamme ? Il faut savoir que chaque année, il se vend plus de 700 millions de Carambar dans le monde, pour un chiffre d'affaires de 54 millions d'euros. Le marché est donc important. Alors même si une pétition circule sur les réseaux sociaux, faut-il prendre au sérieux une société qui joue encore la carte de l'humour sur son site internet où l'on peut lire "Le changement c'est dans..." avec un compte à rebours en dessous ?

Réponse très bientôt. Et pour terminer, impossible de résister. Une blague à deux balles ? Pan Pan. Merci Carambar !

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