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Concert des prêtres pour les "chrétiens d'Orient" : la mention qui dérangeait la RATP

La RATP a finalement cédé lundi, après avoir déclenché une vive polémique en refusant de mentionner sur l'affiche d'un concert qu'il était destiné à récolter des fonds pour les chrétiens d'Orient.

L'info. La semaine dernière, la RATP a mis en place dans le métro une campagne de publicité pour annoncer le concert du groupe "Les Prêtres" en juin prochain à l'Olympia. Mais l'entreprise a décidé de ne pas ajouter le bandeau prévu, qui expliquait que la manifestation était organisée au bénéfice des chrétiens d'Orient. Plus de logo, de référence à l'objectif. Cela a déclenché une telle polémique qu'après avoir proposé de mentionner uniquement l'association bénéficiaire "L'Oeuvre d'Orient", la RATP a fait marche arrière et déclaré lundi par voie de communiqué que "les nouvelles affiches concernant le concert du choeur des prêtres du 14 juin prochain comporteront bien évidemment la mention En faveur des chrétiens d'Orient". L'action en justice est pourtant maintenue.

Pourquoi la RATP avait refusé de mentionner les chrétiens d'Orient ? C'est au nom du "principe de neutralité du service public", dans "le contexte d'un conflit armé à l'étranger", que la RATP a refusé d'ajouter la mention du bénéfice du concert sur les affiches. Ce principe de neutralité, selon la loi, interdit d'exprimer des opinions politiques ou religieuses. La Régie a aussi évoqué que la campagne de publicité enfreignait le principe de laïcité.

La polémique et les réactions politiques. C'est un tweet de Mgr Di Falco, créateur du groupe "Les Prêtres", qui a mis le feu aux poudres. Vendredi, la Chredo, coordination des chrétiens d'Orient en danger a saisi en référé le tribunal de grande instance de Paris. Si le gouvernement a adopté la ligne commune d'attendre la décision judiciaire, toute la classe politique s'est indignée.

"Je suis sidéré, je suis profondément républicain [...] Mais c'est honteux", a regretté le sénateur EELV Jean-Vincent Placé. "Je considère que marquer dans l'espace public une manifestation de soutien à une communauté victime, en tant que telle, d'exactions reconnues de manière objective et condamnées par l'Etat français, ne saurait constituer une entrave à la laïcité", a réagi Jean-Paul Huchon, le président socialiste de la région Ile de France, invitant la RATP à "tenir compte de l'émotion suscitée", ce qu'elle a fini par faire. Pour Florian Philippot, le vice-président du FN, même interrogation : "en quoi l'inscription du mot chrétien atteint-elle à la neutralité ou la laïcité ?", a-t-il déclaré sur I-Télé. Le député UMP Eric Ciotti a demandé au Premier ministre "d'intervenir afin de mettre fin à cette censure". Du côté de l'UDI, le président Jean-Christophe Lagarde avait estimé "que la RATP aurait dû réfléchir à ce qu'est la solidarité".

Qui sont ces "chrétiens d'Orient" ? Les chrétiens d'Orient désignent plusieurs communautés chrétiennes qui trouvent leur origine géographie au Proche-Orient, où le christianisme est né il y a plus de 2000 ans. Coptes, maronites, chaldéens entres autres, en Egypte, Liban, Jordanie, Turquie... Minoritaires, ils sont désormais en grand danger en Irak ou en Syrie, persécutés par des djihadistes qui veulent les faire disparaître. Selon la Chredo, ils représentaient "15 à 20% de la population de l'Orient jusqu'aux années 1950". Aujourd'hui, ils seraient environ 8%.

Vu de Twitter. Les réactions n'ont pas manqué sur le réseau social, des politiques aux anonymes.


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