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La France, pas responsable du Vel d'Hiv ?

Selon Marine Le Pen, le pays n'a pas à se sentir responsable de la rafle de juillet 1942. A moins de 15 jours de la présidentielle, était-ce une chose à dire ?

Les 16 et 17 juillet 1942, en pleine Seconde Guerre Mondiale, plus de 13 000 juifs sont arrêtés à Paris et en banlieue par la police française, sur demande des autorités allemandes. 8000 d'entre eux seront transférés au Vélodrome d'Hiver, espace sportif du 15ème arrondissement. Hommes, femmes et surtout des enfants y sont retenus pendant plusieurs jours, entassés dans des conditions d'hygiène épouvantables, avant d'être déportés. Ils ne seront que quelques dizaines à survivre aux camps.

Après cet épisode terrible du Vél d'Hiv, il aura fallu attendre les commémorations de 1995 pour que Jacques Chirac reconnaisse, pour la première fois, rla responsabilité de "La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile" qui, "ce jour-là, accomplissait l'irréparable". "Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux", avait alors déclaré le président de la République, rompant avec la ligne suivie avant lui par Charles de Gaulle et François Mitterrand, qui estimaient que seul le régime de Vichy était responsable de cette atrocité et non la France.

Il en est de même pour Marine Le Pen qui, ce dimanche dans l'émission "Le Grand Jury" RTL-LCI-Le Figaro, a notamment expliqué que considérer la France responsable de la rafle empêcherait "nos enfants" de se sentir "fiers" d'être français, que cela entraînerait une culpabilité qui ne fait voir que le côté sombre du pays. Pour la candidate et le Front National, comme d'autres avant eux, "la France et la République étaient à Londres pendant l'occupation" et "le régime de Vichy n'était pas la France".

La dissociation est assez pratique. Personne n'a oublié les propos de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz "détail" de l'histoire et encore une fois, de telles déclarations laissent un goût amer. Reconnaître les erreurs, connaître les parties sombres de l'histoire de son pays n'empêche pas de l'aimer. Loin de là peut-être. Cela ne permet-il pas de se souvenir des douleurs et souffrances irréparables, de ne pas oublier l'importance d'un vivre-ensemble qui doit nous être cher ? D'avoir en tête une France solidaire et courageuse comme elle l'a aussi été pendant cette période, avec ses résistants, certains de ses policiers qui lors de cette rafle n'ont pas hésité à parfois "ne rien voir" pour permettre à des familles de s'échapper ?

Le meilleur, comme le pire, font notre pays alors pourquoi faudrait-il l'ignorer, ou se dédouaner ? A vouloir le faire en permanence, n'est-ce pas là  justement qu'on nie son Histoire ?

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