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Les statistiques ethniques : c'est quoi ?

Selon un récent sondage, 55% des français sont favorables à la réalisation de statistiques ethniques. Mais de quoi parle-t-on au juste ?

En début de semaine, le maire de Béziers Robert Ménard déclenchait une polémique en affirmant sur un plateau de télévision qu'il avait estimé le pourcentage d'élèves musulmans dans la ville en se basant sur leurs prénoms. Si une enquête préliminaire a été ouverte pour "tenue illégale de fichiers en raison de l'origine ethnique" mais n'a rien prouvé de concret, la notion de statistiques est revenue sur le devant de la scène.


Le débat est vif et récurrent en France sur la constitution de statistiques ethniques. Elles sont a priori interdites. Dans son article 1er, la Constitution assure ainsi "l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion". On retrouve le même principe dans loi relative à l'informatique et aux libertés de 1978, qui interdit toute collecte de "données à caractère personnel qui font apparaître les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses".

C'est quoi une "ethnie" ?

Difficile de définir le terme exact d'ethnie dans le cadre de statistiques car il prend en compte de nombreux éléments. Dans le dictionnaire Larousse, il est dit qu'une ethnie désigne un groupement humain dont l'unité repose sur la langue, la culture, un même pays d'origine, un histoire commune.

Si parler d'ethnie ne choque pas aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas où l'on effectue depuis de très nombreuses années des statistiques basées sur cette notion, en France le terme est officiellement proscrit, celle d'identité nationale globale lui étant préférée. Pas d'ethnies officiellement, et donc logiquement pas d'enquêtes qui prendraient en compte l'appartenance à l'une ou l'autre.

Pourtant, les statistiques ethniques sont bel et bien autorisées dans notre pays, sous couvert de dérogations aux instituts de statistiques comme l'INSEE ou à des organismes pour des recherches spécifiques.

Ces dernières années, plusieurs textes législatifs ont été évoqués au Parlement sans jamais aboutir tant les avis divergent. Les opposants considèrent que telles données pourraient être dangereuses et utilisées à mauvais escient, ou encore qu'elles favoriseraient le communautarisme. Les partisans, dont plusieurs associations anti-racistes, estiment en revanche que cela pourrait aider à combattre les discriminations. Les discussions ne sont pas prêtes de se terminer.

Et vous, quel est votre avis ? Exprimez-vous ! Réagissez à cet article.


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