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Refus d'inhumation pour un bébé Rom: qui a le droit ?

Le maire d'une commune de l'Essonne a refusé l'inhumation d'un enfant Rom, décédé la semaine dernière. Face à la polémique, Christian Leclerc assure aujourd'hui qu'il s'agit d'un malentendu. Mais le mal est fait.

L'année 2015 commence bien ! Selon un dernier sondage Ifop, 71% des français se disent pessimistes en pensant à l'avenir. Et du côté de Champlan, on pourrait dire que les ondes sont plutôt négatives depuis quelques jours.

Selon Le Parisien, le maire de la commune de l'Essonne a récemment refusé à une entreprise de pompes funèbres l'inhumation d'un bébé Rom, victime de la mort subite du nourrisson dans la nuit du 25 au 26 décembre dernier. Si le décès a été constaté à Corbeil, la famille du nouveau-né réside depuis plusieurs mois dans un campement à l'entrée de Champlan.

Interpellé suite à cette révélation, Christian Leclerc avait expliqué sa décision par le "peu de places disponibles" et donc "la priorité donnée à ceux qui paient leurs impôts locaux" avant de revenir sur ses propos hier. L'élu divers droite assure aujourd'hui que c'est une erreur et qu'il ne s'agit que d'une mauvaise interprétation de ses propos, par ses services mais aussi par la presse. "La mayonnaise a été montée", affirme-t-il. Double problème de compréhension alors ?

Cela fait quand même beaucoup de justifications et pas sûr que cela suffise à calmer la polémique. La secrétaire d'Etat à la Famille Laurence Rossignol a fustigé le refus municipal, évoquant "une inhumaine humiliation". Même Manuel Valls y est allé de son tweet : "Refuser la sépulture à un enfant en raison de son origine : une injure à sa mémoire, une injure à ce qu'est la France". Rien de moins. Et pour une fois, c'est assez rare pour être souligné, la classe politique a été unanime. Nathalie Kosciusko-Morizet a dénoncé une décision "aux antipodes des valeurs humanistes" et le défenseur des Droits Jacques Toubon a annoncé qu'il s'auto-saisissait du dossier. D'autres accusations de racisme ont même été lancées.

Il sera difficile pour Christian Leclerc de se sortir de l'ornière dans laquelle il s'est embourbé. Car si d'après la loi, le maire avait le pouvoir de s'opposer à cette inhumation, quelle image vient-il de donner ? L'élu a parlé d'un message de compassion à la famille du nourrisson mais n'est-il pas trop tard pour bien faire ?

Justement, dans toute cette bronca, une chose a peut-être été oubliée : la douleur des parents. "La tristesse de perdre notre petite était déjà immense, là, on rajoute de la douleur à notre deuil", a témoigné la mère de l'enfant. La petite Maria Francesca doit finalement être enterrée aujourd'hui, pas à Champlan mais dans la ville voisine de Wissous.

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