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SwissLeaks : les évadés fiscaux de la HSBC

C'est un nouveau pavé dans la mare que jette le journal Le Monde en révélant qu'entre 2006 et 2007, la banque HSBC a caché en Suisse plus de 180 milliards d'euros, appartenant parfois à des personnalités.

L'info. Dans le premier volet d'une enquête mondiale, Le Monde vient de dévoiler un vaste système d'évasion fiscale. Entre 2006 et 2007, 180,6 milliards d'euros auraient ainsi transité à Genève via les comptes HSBC de plus de 100 000 clients vers des milliers de sociétés offshore, au Panama et dans les Iles Vierges notamment. Ces révélations font suite au travail de 154 journalistes de 47 pays qui ont dépouillé plus de 100 000 données bancaires, données au journal Le Monde par un informateur. Pour comprendre cette vaste fraude, une vidéo.

Qui est cité ? "Les noms les plus intéressants" parmi ceux qui ont voulu échapper au fisc, pour qui "la fraude était manifeste", selon les journalistes qui ont enquêté. "Des trafiquants d’armes ou de stupéfiants, des financiers d’organisations terroristes, des hommes politiques, des vedettes du showbiz, des icônes du sport ou des capitaines d’industrie ", précise le quotidien. Ces clients étaient parfois directement démarchés par la HSBC qui leur proposait de dissimuler des fonds.

Chez les français, on retrouve par exemple l'humoriste Gad Elmaleh, le chanteur Philippe Lavil, l'ex-footballeur Christophe Dugarry, l'actrice Jeanne Moreau, la réalisatrice Lisa Azuelos, le coiffeur Jacques Dessange, Fabien Ouaki propriétaire de l'enseigne Tati. Beaucoup de ces clients HSBC ont régularisé leur situation, s'acquittant parfois de fortes amendes.

Des personnalités internationales sont également concernées comme le roi du Maroc Mohammed VI, le mannequin Elle McPherson, les acteurs John Malkovich et Joan Collins, les chanteurs Phil Collins et David Bowie, les pilotes Fernando Alonso et Michael Schumacher, l'héritière de la couturière Nina Ricci. Dans les fichiers, des saoudiens qui auraient financé Oussama Ben Laden apparaissent aussi.

Pour masquer le noms de ses clients, la HSBC utilisait des numéros, des codes et parfois des surnoms tels que "Capitaine Haddock". On retrouve aussi des catégories "étudiants" ou "femmes au foyer".

L'Etat français était-il au courant ? En 2009, on connaissait l'existence d'une liste de 3000 noms ayant caché de l'argent en Suisse, par le biais de la HSBC. Ceci grâce à un ancien informaticien de la banque, Hervé Falciani, qui avait dérobé un listing, remis aux autorités françaises. Une enquête avait alors été lancée pour une partie des données.300 millions d'euros ont ainsi été récupérés depuis. Une centaine de plaintes ont également été déposées. En déplacement en Turquie, le ministre des Finances Michel Sapin a déclaré hier : "Il faut solder le passé, il faut être intraitable avec les fraudeurs du passé, il faut être intraitable avec ceux qui ont aidé à la fraude même parfois qui ont organisé la fraude".

Selon Mediapart, en 2010, le gouvernement était bien au courant. Alors président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac avait obtenu des informations "sur les activités illicites" de la HSBC, alors que son frère était le président du directoire de la banque en France. Il n'avait pas donné suite.

La réaction d'HSBC. En pleine tourmente, c'est dans un communiqué à l'AFP que la banque a pris la parole, assurant avoir "changé" après des "manquements constatés en 2007", et même opéré "une transformation radicale en 2008 pour empêcher que ses services soient utilisés pour frauder le fisc ou blanchir l'argent sale".

Vu de Twitter. Les réseaux sociaux ont évidemment largement commenté la publication de ces révélations. "Subprimes, Tapie, Kerviel, HSBC... C'est rassurant de voir combien notre système bancaire est digne de confiance", réagit Christophe Colinet. "Bon allez, fini la récré avec #HSBC, c'est l'heure pour les banques de retourner faire la morale à la Grèce avec intransigeance et rigueur", écrit de son côté Swâmi. "HSBC : 50 nuances de prêt", ironise Nain Portekoi. Gad Elmaleh, qui apparaissait il y a peu dans les publicités pour LCL, est une des cibles privilégiées. Comme beaucoup d'autres internautes, Valek B a ainsi twitté : "Gad Elmaleh a trouvé la banque dont il rêve : HSBC". De cette affaire, il y aurait peut-être une chose positive pour tous. Car comme le dit si bien SaloméRainbow : "Si vous n'avez pas le moral, dites vous que vous pourriez être le directeur de com de HSBC. Ça aide".

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