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Décès d'un dixième Allemand après l'attentat d'Istanbul

par Ayla Jean Yackley et Humeyra Pamuk

ISTANBUL/BERLIN (Reuters) - L'attentat commis mardi en plein coeur historique d'Istanbul a fait une dixième victime parmi les touristes allemands, l'un d'eux ayant depuis succombé à ses blessures, a fait savoir mercredi le ministère des Affaires étrangères à Berlin.

On ignore pour le moment si le bilan total, qui était mardi de dix morts - neuf Allemands et un Péruvien - s'est alourdi ou non. Sept autres Allemands sont toujours hospitalisés et cinq d'entre eux sont en soins intensifs, a précisé Sawsan Chebli, porte-parole du ministère, lors d'une conférence de presse.

"Sur la base de ce que nous savons pour le moment de l'enquête, rien n'indique que l'attentat visait spécifiquement des Allemands", a quant à lui déclaré le ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière, qui s'est rendu mercredi dans la métropole turque.

"Nous nous tenons résolument au côté de la Turquie dans le combat contre le terrorisme", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse avec son homologue turc, Efkan Ala.

Selon ce dernier, les empreintes digitales de l'auteur de l'attentat, un Syrien soupçonné d'appartenir à l'Etat islamique, ont été relevées à son arrivée en Turquie, ce qui a permis de l'identifier après l'attentat, mais il était inconnu des services de renseignement.

"Vos informations selon lesquelles ses empreintes ont été prises et son identité relevée sont exactes, mais il ne figurait pas sur la liste des individus recherchés, ni sur celles qui nous ont été fournies par d'autres pays", a-t-il déclaré aux journalistes qui l'interrogeaient sur le sujet.

UN SUSPECT ARRÊTÉ

Le ministre a par ailleurs annoncé sans plus de précision qu'une arrestation avait eu lieu mardi soir. Une semaine avant l'attentat, 200 djihadistes présumés avaient été arrêtés, a-t-il ajouté, assurant que les autorités turques faisaient le nécessaire pour prévenir de tels actes.

L'agence de presse Dogan signale quant à elle l'interpellation de trois Russes soupçonnés d'appartenance à Etat islamique (EI), ce que le ministère russe des Affaires étrangères a confirmé.

Des images de télésurveillance montrant le kamikaze le 5 janvier à un bureau stambouliote des services de l'immigration ont été publiées par le journal en ligne Haberturk.

Selon la presse, l'homme, natif d'Arabie saoudite, se nommait Nabil Fadli. C'est un doigt retrouvé sur les lieux de l'attentat, place Sultanhamet, non loin de la Mosquée bleue et de la basilique Sainte-Sophie, qui a permis son identification, précise-t-elle.

D'après le quotidien turc Hurriyet, la guide des touristes allemands a repéré le kamikaze avant qu'il qu'il ne mette ses explosifs à feu et a alerté ses clients, ce qui a permis à plusieurs de s'enfuir.

La Turquie, membre de l'Otan et candidate à l'adhésion à l'Union européenne, fait partie comme l'Allemagne de la coalition mise sur pied à l'initiative des Etats-Unis pour combattre les djihadistes de l'EI en Irak et en Syrie.

L'attentat de mardi n'a pas été revendiqué. L'EI s'est attribué la responsabilité de ceux d'Ankara et de Suruç, près de la frontière syrienne, qui ont respectivement fait 102 et 33 morts, le 10 octobre et le 20 juillet, mais la Turquie est également aux prises avec la guérilla kurde et des groupes armés d'extrême gauche.

(Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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